Cancers de la tête et du cou

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Chaque année, près de 950 000 nouveaux cas de cancers de la tête et du cou sont diagnostiqués dans le monde, et près de 500 000 personnes en meurent.[1] En Belgique, 2 672 nouveaux cas ont été enregistrés en 2023.[2]

Quel est l’impact du HPV sur les cancers de la tête et du cou ?

Le Dr. Stéphanie Henry explique

Type de cancers

Il existe différents types de cancers de la tête et du cou. Les cancers suivants peuvent également être causés par une infection persistante à HPV à haut risque :

  • Le cancer de l’oropharynx se développe dans l’oropharynx, la partie moyenne de la gorge située juste derrière la cavité buccale. Cette région comprend notamment les amygdales et la base de la langue. Vous pouvez l’apercevoir lorsque vous ouvrez grand la bouche. Le cancer de l’oropharynx peut survenir à tout âge, mais le risque augmente après 45 ans. En Belgique, 749 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023, dont 189 chez les femmes et 560 chez les hommes.[3] Plus d’un cancer de l’oropharynx sur trois est associé à un HPV à haut risque,[2] principalement les types 16 et 18. Cette forme de cancer liée au HPV touche également des personnes plus jeunes, parfois dès l’âge de 30 à 40 ans.
  • Le cancer de l’hypopharynx se développe dans l’hypopharynx, la partie inférieure de la gorge qui se prolonge vers l’œsophage. Le cancer du larynx se développe dans le larynx, situé entre le pharynx et la trachée. Le larynx contient les cordes vocales et joue un rôle essentiel dans la respiration, la production de la voix et la déglutition. Ces cancers peuvent survenir à tout âge, mais le risque augmente après 50 ans. En Belgique, 771 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023, dont 139 chez les femmes et 632 chez les hommes.[3] Certaines sources mentionnent un lien avec les HPV à haut risque, mais celui-ci ne concerne qu’une faible proportion des cas. Les formes liées au HPV sont également observées chez des personnes plus jeunes.

Symptômes

Les premiers symptômes des cancers de la tête et du cou liés au HPV sont souvent peu spécifiques. Ils peuvent facilement être banalisés ou confondus avec une infection ou une irritation passagère.
Les principaux signaux d’alerte sont :

  • un mal de gorge persistant ;
  • une boule ou un gonflement dans le cou ;
  • des difficultés à avaler ;
  • une douleur à l’oreille ;
  • une modification de la voix ;
  • une plaie dans la bouche qui ne cicatrise pas ;
  • une perte de poids inexpliquée.

Si les symptômes persistent plus de trois semaines, faites-les toujours évaluer par un médecin ou un dentiste.

Les symptômes précis dépendent de la localisation, de la taille et du type de tumeur. Ils peuvent donc varier considérablement et n’apparaître qu’à un stade plus avancé, par exemple lorsque des ganglions lymphatiques augmentés de volume deviennent visibles ou palpables dans le cou.

Cancers de la tête et du cou : Quels sont les symptômes à ne pas ignorer ?

Le Dr. Stéphanie Henry les énumère.

Facteurs de risque

La consommation de tabac — qu’il s’agisse de cigarettes, de tabac à priser ou de tabac à mâcher — ainsi qu’une consommation fréquente et excessive d’alcool constituent les principaux facteurs de risque des cancers de la tête et du cou. Même si vous ne fumez pas, une exposition régulière au tabagisme passif augmente également votre risque.

Pour les cancers de la tête et du cou liés au HPV, le principal facteur de risque est une infection persistante par un HPV à haut risque. Dans la plupart des cas, l’organisme élimine spontanément le virus, mais ce n’est pas toujours le cas. Le fait de ne pas être vacciné(e), de fumer, d’avoir un système immunitaire affaibli ou d’être plus âgé(e) complique l’élimination du virus par votre organisme.

Comment peut-on se protéger contre le HPV ?

Le Dr. Stéphanie Henry donne son avis.

Diagnostic

Les cancers de la tête et du cou ne font pas l’objet d’un dépistage systématique dans la population générale.
En présence de symptômes persistants, le médecin examine la bouche, la gorge et le cou. Comme certaines lésions sont difficiles à visualiser, des examens complémentaires sont souvent nécessaires.

En cas de suspicion de cancer de l’oropharynx, le médecin ORL réalise généralement une nasofibroscopie, un examen qui consiste à explorer la gorge à l’aide d’un fin tube flexible introduit par le nez. Une biopsie peut ensuite être réalisée afin de confirmer le diagnostic. L’échantillon prélevé peut également être analysé pour rechercher la présence du HPV.
Des examens d’imagerie tels qu’un scanner (CT), une IRM ou une TEP (PET-scan) permettent de déterminer précisément la taille et la localisation de la tumeur, ainsi que d’évaluer une éventuelle extension aux ganglions lymphatiques ou aux tissus voisins.

En cas de suspicion de cancer de l’hypopharynx et/ou du larynx, le médecin ORL examine d’abord la gorge et les cordes vocales à l’aide d’un miroir ou d’une laryngoscopie. Là encore, une biopsie peut être nécessaire pour confirmer le diagnostic. Des examens d’imagerie complètent ensuite le bilan afin d’évaluer l’étendue de la maladie et la présence éventuelle de métastases.

Traitement

Le traitement d’un cancer de la tête et du cou est toujours personnalisé. Il tient compte du stade de la maladie, de la localisation de la tumeur, de votre état de santé général et de vos préférences.
Plus le cancer est détecté tôt, plus le traitement peut rester limité et moins invasif.

Chirurgie
Lorsque la tumeur est détectée à un stade précoce, la chirurgie ciblée constitue souvent le traitement principal. Certaines interventions peuvent aujourd’hui être réalisées avec l’assistance d’un robot chirurgical. Outre la tumeur, les ganglions lymphatiques du cou sont généralement également retirés. Dans certains cas, une chirurgie reconstructrice est nécessaire afin de préserver ou de restaurer au mieux des fonctions essentielles telles que la parole ou la déglutition.

Radiothérapie et chimiothérapie
À des stades plus avancés, une combinaison de radiothérapie et de chimiothérapie est souvent nécessaire. La radiothérapie peut être administrée sous forme externe ou, dans certaines situations, sous forme interne (curiethérapie). Un examen dentaire complet est toujours recommandé avant le début de la radiothérapie afin de réduire le risque de complications.

Immunothérapie et thérapies ciblées
Dans certaines situations, le traitement peut être complété par une immunothérapie ou par une thérapie ciblée. Ces traitements utilisent des médicaments qui stimulent le système immunitaire ou ciblent spécifiquement certaines caractéristiques des cellules cancéreuses.

Comme les cancers de la tête et du cou touchent des fonctions essentielles telles que parler, avaler ou respirer, la préservation de ces fonctions constitue un élément important dans le choix du traitement.

Vision d'avenir

Peut-on éliminer les cancers de la tête et du cou liés au HPV ?

Voici ce que le Dr. Stéphanie Henry en pense.

En savoir plus

[1] Globocan 2022
[2] Belgian Cancer Registry, Cancer Fact Sheet 2023 Head & Neck Cancer
[3] Belgian Cancer Registry, Brussel, 2026