Cancers liés au HPV > Types de cancers > Cancer du pénis
Environ 50 % des cancers du pénis sont causés par un HPV à haut risque,[1] principalement les types 16 et 18. Chaque année, près de 37 700 nouveaux cas sont diagnostiqués dans le monde et près de 14 000 hommes décèdent des suites de cette maladie.[2] En Belgique, 133 hommes ont reçu un diagnostic de cancer du pénis en 2023.[3]
Le cancer du pénis peut se développer sur n’importe quelle partie du pénis, mais il touche le plus souvent le gland ou le prépuce. C’est un cancer rare qui touche principalement les hommes plus âgés : la plupart des hommes concernés ont 60 ans ou plus.
Symptômes
Les symptômes du cancer du pénis varient en fonction de la localisation et de l’étendue de la tumeur.
Le cancer du pénis débute généralement par une modification de la peau du pénis, souvent au niveau du gland ou sous le prépuce :
- une tache rouge qui ne disparaît pas ;
- une verrue, un bouton ou une petite plaie qui ne guérit pas ;
- un écoulement, un saignement ou une odeur désagréable ;
- une douleur ou une inflammation du gland.
À un stade plus avancé, d’autres symptômes peuvent apparaître, tels que des difficultés à uriner, de la fatigue, une perte d’appétit, une perte de poids ou des douleurs osseuses.
Si vous présentez un ou plusieurs de ces symptômes pendant plus de deux à trois semaines, consultez votre médecin généraliste. Celui-ci pourra vous examiner et vous orienter vers un spécialiste si nécessaire. Le cancer du pénis se traite généralement bien lorsqu’il est diagnostiqué à temps.
Facteurs de risque
Une infection persistante par un HPV à haut risque joue un rôle dans environ la moitié des cancers du pénis. Dans la plupart des cas, l’organisme élimine spontanément le virus, mais ce n’est pas toujours le cas. Le fait de ne pas être vacciné(e), de fumer, d’avoir un système immunitaire affaibli ou d’être plus âgé(e) complique l’élimination du virus par votre organisme.
Environ la moitié des cancers du pénis ne sont pas causés par une infection à HPV. Un prépuce trop étroit peut rendre l’hygiène du gland difficile. Il peut rendre l’hygiène du gland plus difficile, ce qui augmente le risque d’inflammations prolongées ou récurrentes du prépuce et du gland. Certaines affections cutanées, comme le lichen scléreux — une affection bénigne caractérisée par un amincissement et un durcissement de la peau autour du pénis, souvent associés à des démangeaisons et à des douleurs — augmentent également le risque de cancer du pénis.
Diagnostic
L’urologue commence par un examen clinique : le pénis est soigneusement inspecté et les ganglions lymphatiques sont examinés pour vérifier s’ils sont augmentés de volume.
Si un cancer du pénis est suspecté, une biopsie est généralement réalisée. Un petit échantillon de tissu est prélevé puis analysé en laboratoire afin de déterminer s’il s’agit d’un cancer du pénis ou d’une lésion précancéreuse.
Lorsque le diagnostic est confirmé, des examens complémentaires sont effectués pour évaluer la taille de la tumeur et vérifier si le cancer s’est propagé :
- Imagerie médicale (échographie, IRM, scanner ou TEP-TDM) : permet de déterminer jusqu’où la tumeur s’est développée dans les tissus et de rechercher d’éventuelles métastases.
- Procédure du ganglion sentinelle : permet de détecter d’éventuelles petites métastases dans les ganglions lymphatiques grâce à l’injection d’un traceur suivie d’un examen d’imagerie.
Sur la base de ces examens, votre médecin pourra déterminer le traitement le plus adapté à votre situation.
Traitements
Le traitement du cancer du pénis dépend de la localisation de la tumeur et du stade de la maladie.
À un stade précoce, la lésion peut parfois être traitée localement à l’aide d’une pommade.
À des stades plus avancés, la chirurgie constitue le traitement principal. La tumeur est retirée avec une marge de tissu sain.
Selon la taille et la localisation de la tumeur, l’intervention peut consister en une circoncision, une ablation du gland ou une ablation partielle ou totale du pénis. Si vous le souhaitez, une reconstruction reste possible par la suite.
Lorsque le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques de l’aine, une intervention chirurgicale sur les ganglions peut également être nécessaire.
La chirurgie peut être complétée par une chimiothérapie et/ou une radiothérapie :avant l’intervention, afin de faciliter l’ablation de la tumeur ou des métastases ; après l’intervention, afin de réduire le risque de récidive.
En cas de cancer du pénis métastatique, la chimiothérapie peut ralentir l’évolution de la maladie ou soulager les symptômes.
En savoir plus ?
- Sur le site de L’Institut Jules Bordet, vous trouverez davantage d’informations sur le cancer du pénis.
[1] Advancing public health: a roadmap to the implementation of tools required to eliminate HPV related cancers and diseases in Belgium by 2030 White paper 5 March 2026
[2] Globocan 2022
[3] Belgian Cancer Registry, Brussel, 2026