Cancers liés au HPV > Types de cancers > Cancer du col de l’utérus
Presque tous les cancers du col de l’utérus sont causés par des types de HPV à haut risque, principalement les types 16 et 18. En Belgique, 610 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023. En 2021, 164 femmes sont décédées des suites de cette maladie.[1] Pourtant, le cancer du col de l’utérus est l’une des formes de cancer les plus évitables et les plus curables.
Le cancer du col de l’utérus peut survenir à tout âge. Le diagnostic est le plus souvent posé chez les femmes âgées de 35 à 40 ans. Toutefois, comme la maladie touche également des femmes plus âgées, l’âge moyen au moment du diagnostic se situe entre 50 et 55 ans.
Symptômes
Les lésions précancéreuses et les cancers du col de l’utérus à un stade précoce ne provoquent généralement aucun symptôme. Lorsque la maladie est plus avancée, les signes suivants peuvent apparaître :
- des saignements après un rapport sexuel – souvent le premier signe d’alerte ;
- des saignements vaginaux inhabituels en dehors des règles ;
- des saignements après la ménopause – ils doivent toujours être examinés, même s’ils ont le plus souvent une cause bénigne ;
- des pertes vaginales inhabituelles (aqueuses, sanguinolentes ou malodorantes) ;
- des douleurs pendant ou après les rapports sexuels, ou des douleurs pelviennes persistantes ;
- en présence d’une tumeur plus volumineuse : des symptômes pouvant évoquer une infection urinaire ou un trouble intestinal.
Important : si un symptôme persiste plus de quelques semaines, consultez votre médecin généraliste ou votre gynécologue. Les lésions précancéreuses se traitent facilement.
Facteurs de risque
Presque tous les cancers du col de l’utérus sont causés par un HPV à haut risque. Les types 16 et 18 sont responsables d’environ trois quarts des cas. Dans la plupart des cas, votre organisme élimine spontanément le virus, mais ce n’est pas toujours le cas. Le fait de ne pas être vacciné(e), de fumer, d’avoir un système immunitaire affaibli ou d’être plus âgé(e) complique l’élimination du virus par votre organisme.
Diagnostic
Après un frottis anormal ou en présence de symptômes tels que des saignements, le premier examen réalisé est une colposcopie, qui permet d’examiner visuellement le col de l’utérus. Un prélèvement de tissu (biopsie) est généralement réalisé au même moment afin de confirmer le diagnostic. Pour évaluer l’étendue de la maladie, différents examens d’imagerie sont effectués : une IRM du bassin et, selon la situation, une TEP-TDM (PET-CT) ou un scanner du thorax et de l’abdomen. Chez les femmes jeunes qui souhaitent encore avoir des enfants, un spécialiste de la fertilité est associé à la prise en charge dès que possible.
Traitements
Les lésions précancéreuses du col de l’utérus peuvent être traitées facilement, bien avant l’apparition d’un cancer.
Le traitement du cancer du col de l’utérus est toujours personnalisé. Il tient compte du stade de la maladie, de votre état de santé général, d’un éventuel désir de grossesse et de vos préférences.
Chirurgie
Pour les petites tumeurs, la chirurgie constitue généralement le traitement de choix. Selon la taille de la tumeur, une conisation peut parfois suffire.
Dans les autres cas, le traitement standard est l’hystérectomie, c’est-à-dire l’ablation de l’utérus, parfois associée à l’ablation des tissus voisins. Cette intervention est généralement combinée à une procédure du ganglion sentinelle, qui permet de vérifier si les ganglions lymphatiques sont atteints. Si vous souhaitez encore avoir des enfants, certaines techniques permettent de préserver l’utérus, comme la trachélectomie, qui consiste à retirer uniquement le col de l’utérus.
Chimiothérapie et radiothérapie
Pour les tumeurs plus volumineuses ou localement avancées, le traitement standard associe une chimiothérapie à une radiothérapie externe. Cette approche est complétée par une curiethérapie, une forme de radiothérapie interne. Des études récentes montrent que la chimiothérapie d’induction avant la radiothérapie et l’immunothérapie administrée pendant la radiothérapie permettent encore d’améliorer les résultats du traitement. En cas de maladie métastatique ou de récidive, une chimiothérapie est proposée, éventuellement associée à une immunothérapie ou à une thérapie ciblée, telle que les inhibiteurs de l’angiogenèse — des médicaments qui empêchent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins vers la tumeur, ce qui coupe son apport sanguin et freine sa croissance.
En savoir plus
- Vous trouverez ici une représentation schématique claire du col de l’utérus.
- Le site de la Fondation contre le Cancer propose également davantage d’informations sur le cancer du col de l’utérus.
- Dans l’article « Un frottis anormal. Et maintenant ? », vous en apprendrez davantage sur les lésions précancéreuses du col de l’utérus ainsi que sur le déroulement d’une colposcopie et d’une conisation.
- L’article « Cancer du col de l’utérus et cancer du vagin : détectés à temps, ils se soignent bien », approfondi l’importance du dépistage, les soins spécialisés et l’impact souvent sous-estimé des traitements contre le cancer sur la qualité de vie.
[1] Belgian Cancer Registry, Cancer Fact Sheet 2023 Cervical Cancer