Cancers liés au HPV > Types de cancers > Cancer de la vulve
Chaque année, environ 47 000 nouveaux cas de cancer de la vulve sont diagnostiqués dans le monde et 18 500 femmes en décèdent.[1] En Belgique, 250 femmes ont reçu un diagnostic de cancer de la vulve en 2023.[2]
Le cancer de la vulve est parfois appelé cancer des lèvres génitales, mais ce terme est en réalité moins exact. La vulve correspond à la partie externe et visible des organes génitaux féminins. Elle comprend non seulement les petites et les grandes lèvres, mais aussi le clitoris, l’entrée du vagin et la région située entre le vagin et l’anus (le périnée).
Le cancer de la vulve survient principalement à un âge avancé : l’âge médian au diagnostic est de 70 ans. Toutefois, des femmes plus jeunes peuvent également être touchées. Un HPV à haut risque est impliqué dans 40 à 60 % des cancers de la vulve,[3] principalement les types 16, 18 et 33. La forme liée au HPV est plus fréquente chez les femmes de moins de 60 ans.
Symptômes
Les lésions précancéreuses et les cancers de la vulve à un stade précoce provoquent généralement les symptômes suivants :
- des démangeaisons persistantes ou une plaie qui ne guérit pas — souvent les premiers signes d’alerte ;
- une sensation de brûlure ;
- une petite bosse ou un gonflement palpable ;
- une tache blanche ou foncée sur la peau ;
- des douleurs lors des rapports sexuels ou de la miction ;
- des pertes sanguinolentes ou des saignements inhabituels.
Des ganglions lymphatiques de l’aine durablement gonflés peuvent indiquer un stade plus avancé de la maladie.
Par gêne, de nombreuses femmes n’osent pas parler de ces symptômes précoces à leur médecin généraliste. Pourtant, il est important de le faire.
Si un symptôme persiste plus de quelques semaines, faites-vous examiner par votre médecin généraliste ou votre gynécologue.
Facteurs de risque
Une infection persistante par un HPV à haut risque joue un rôle dans 30 à 40 % des cancers de la vulve. Dans la plupart des cas, l’organisme élimine spontanément le virus, mais ce n’est pas toujours le cas. Le fait de ne pas être vacciné(e), de fumer, d’avoir un système immunitaire affaibli ou d’être plus âgé(e) complique l’élimination du virus par votre organisme. Avoir ou avoir eu un autre cancer génital, comme un cancer du col de l’utérus ou un cancer du vagin, augmente également votre risque.
Le HPV n’est cependant pas impliqué dans tous les cancers de la vulve. Le lichen scléreux, une maladie cutanée chronique bénigne, augmente le risque de développer une forme de cancer de la vulve non liée au HPV.
Diagnostic
Le médecin prélève un petit morceau de tissu au niveau de la zone suspecte, généralement en consultation externe et sous anesthésie locale. L’analyse de cet échantillon permet de confirmer le diagnostic.
Des examens complémentaires sont ensuite réalisés afin de déterminer l’étendue de la maladie : un examen clinique avec mesure de la tumeur, une échographie des aines éventuellement associée à une ponction des ganglions suspects et, en présence d’une tumeur plus volumineuse ou lorsqu’une extension aux tissus voisins est suspectée, une IRM.
Traitements
Le traitement est toujours personnalisé. Il tient compte du stade de la maladie, de votre état de santé général, d’un éventuel désir de grossesse et de vos préférences.
La chirurgie constitue le traitement principal du cancer de la vulve. À un stade précoce, la lésion est retirée avec une marge de sécurité suffisante. Cette intervention est combinée à une technique du ganglion sentinelle pour vérifier si les ganglions lymphatiques de l’aine sont touchés.
Lorsque ces ganglions sont touchés, ou en présence d’une tumeur plus importante, les ganglions lymphatiques de l’aine sont retirés chirurgicalement, parfois en association avec une radiothérapie. La radiothérapie au niveau de la vulve est toutefois douloureuse et s’accompagne de nombreux effets indésirables. Pour les tumeurs localement avancées, une chimioradiothérapie peut constituer une alternative à une chirurgie étendue. En cas de maladie métastatique, un traitement systémique est proposé, avec un rôle croissant de l’immunothérapie.
En savoir plus
- Sur le site de la Fondation contre le Cancer, vous trouverez davantage d’informations sur le cancer de la vulve.
- « Le cancer de la vulve n’a rien de honteux » souligne l’importance du dépistage précoce, des traitements personnalisés et de l’art d’annoncer une mauvaise nouvelle.
[1] Globocan 2022
[2] Belgian Cancer Registry, Brussel, 2026
[3] Advancing public health: a roadmap to the implementation of tools required to eliminate HPV related cancers and diseases in Belgium by 2030 White paper 5 March 2026