Cancer de l’anus 

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Environ 90 % des cancers de l’anus sont dus à une infection par un HPV à haut risque, principalement les types 16 et 18.[1] Chaque année, environ 54 000 nouveaux cas sont diagnostiqués dans le monde et 22 000 personnes décèdent des suites de cette maladie.[2] En Belgique, 274 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023 : 176 chez les femmes et 98 chez les hommes.[3]

Le cancer de l’anus est officiellement considéré comme un cancer rare, mais il existe d’importantes différences entre les groupes de population. La maladie est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Chez les hommes vivant avec le VIH qui ont des rapports sexuels avec des hommes, le risque est cent fois plus élevé que dans la population générale. Pour ce groupe, le cancer de l’anus n’est donc pas une maladie rare. Il est le plus souvent diagnostiqué entre 50 et 60 ans.

Symptômes

Les lésions précancéreuses du cancer de l’anus ne provoquent généralement aucun symptôme. Les symptômes n’apparaissent souvent que lorsque la maladie est déjà plus avancée.
Les principaux signaux d’alerte sont :

  • une grosseur ou une bosse au niveau de l’anus ;
  • une plaie ou une petite blessure au niveau de l’anus qui ne guérit pas ;
  • des démangeaisons ou des douleurs au niveau de l’anus ;
  • des fausses envies d’aller aux toilettes ;
  • des changements dans la fréquence des selles ou dans leur aspect ;
  • une alternance de constipation et de petits épisodes de diarrhée.

Les gens pensent souvent qu’il s’agit d’hémorroïdes ou éprouvent de la gêne à consulter un médecin pour des symptômes au niveau de l’anus. Ils tardent ainsi parfois à demander de l’aide.
Si les symptômes persistent plus de 2 à 3 semaines, faites-les toujours examiner par un médecin.

Facteurs de risque

Une infection persistante par un HPV à haut risque constitue le principal facteur de risque du cancer de l’anus. Dans la plupart des cas, l’organisme élimine spontanément le virus, mais ce n’est pas toujours le cas. Le fait de ne pas être vacciné(e), de fumer, d’avoir un système immunitaire affaibli ou d’être plus âgé(e) complique l’élimination du virus par votre organisme. Les personnes présentant un risque fortement accru sont notamment les hommes vivant avec le VIH qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les femmes ayant un cancer gynécologique lié au HPV ou des lésions précancéreuses associées au HPV, ainsi que les personnes transplantées. Toutefois, la majorité des personnes qui développent un cancer de l’anus n’appartiennent à aucun groupe à risque particulier.

Diagnostic

Les lésions précancéreuses du cancer de l’anus sont le plus souvent détectées dans le cadre d’un dépistage, principalement destiné aux groupes à haut risque, tels que les personnes vivant avec le VIH ou celles qui ont ou ont eu un cancer du col de l’utérus, de la vulve, du vagin ou du pénis.
Le dépistage se déroule par étapes. Un prélèvement anal (anal HPV swab) permet d’abord de déterminer si vous êtes porteur(euse) du virus. En cas de résultat positif, une anuscopie à haute résolution (High Resolution Anoscopy – HRA) est souvent réalisée. Cet examen spécialisé permet de détecter et de traiter les lésions précancéreuses du cancer de l’anus.
Des tests cytologiques et certains biomarqueurs peuvent également être utilisés afin d’identifier les personnes présentant un risque plus élevé et nécessitant des examens complémentaires.
En Belgique, la capacité de réalisation des HRA reste limitée et cet examen n’est pas remboursé.

Traitements

Les lésions précancéreuses du cancer de l’anus peuvent généralement être éliminées par des traitements relativement peu invasifs. Des études ont montré que traiter ces lésions réduit considérablement le risque de développer un cancer de l’anus.

La prise en charge du cancer de l’anus a fortement évolué au cours des dernières années. Alors qu’une chirurgie lourde et mutilante était souvent nécessaire par le passé, la chimioradiothérapie constitue aujourd’hui le traitement de référence. Cette approche, moins invasive, offre de bons résultats lorsque le cancer est diagnostiqué précocement. Le traitement reste néanmoins lourd et peut entraîner des effets indésirables, notamment des troubles du transit intestinal et des dysfonctions sexuelles. C’est pourquoi le diagnostic précoce demeure essentiel, non seulement pour améliorer les chances de survie, mais aussi pour limiter l’impact du traitement sur la qualité de vie.

En savoir plus ?

Dans l’article « Avec la bonne approche, nous pouvons quasiment éradiquer le cancer de l’anus », vous découvrirez comment il est possible de faire la différence.

[1] De Martel C, Plummer M, Vignat J, Franceschi S. Worldwide burden of cancer attributable to HPV by site, country and HPV type. International journal of cancer. 2017 Aug 15;141[4]:664-70.
[2] Globocan 2022
[3] Belgian Cancer Registry, Brussel, 2026